Poésie classique de la Chine et du Japon  

 

兵 bīng  soldat
车 chē  véhicule, voiture, façonner au tour, (clé 159)
行车 xíngchē  conduire, conduite
辚 lín  (roulement d'un char)
马 mǎ  cheval, (patronyme), (clé 187)
萧 xiāo  (patronyme), (désert)
行人 xíngrén  passant, piéton
弓 gōng  arc, (clé 57)
箭 jiàn  flèche
各 gè  divers, chacun
在 zài  à, en, se trouver à, être (dans un lieu), être en train de
腰 yāo  reins, taille, ceinture
爷 yé  grand-père
娘 niáng  mère, maman
妻子 qīzi  épouse, femme
走 zǒu  marcher, partir, s'en aller, passer par, fuir, (clé 156)
相 xiāng / xiàng  mutuellement / air, mine du visage
送 sòng  envoyer, offrir, raccompagner
尘埃 chén'āi  poussière
不见 bújiàn  ne pas voir, pas vu
咸 xián  salé
阳 yáng  mâle, positif, soleil
桥 qiáo  pont
牵 qiān  tirer, traîner, tenir, conduire
衣 yī  vêtement, habit, linge, (clé 145)
顿 dùn  s'arrêter, trépigner, une bordée d'injure, soudain, fois, [repas]
足 zú  pied, suffisant, assez de, (clé 157)
拦 lán  barrer, bloquer, empêcher
道 dào  chemin, voie, principe, moyen, trait, raconter, [fleuve, porte, mur]
哭 kū  pleurer
声 shēng  son, bruit, voix
直 zhí  droit, franc, dressé
上 shàng  sur, monter, partir pour, précédent
干 gān / gàn  sec, tari, en vain / faire, agir, travailler, tronc, corps, cadre, (clé 51)
云 yún  nuage, raconter
霄 xiāo  nuages, voûte céleste
旁 páng  bord, autre
过 guò / guo  passer, traverser, dépasser / [particule de l'expérience passée]
者 zhě  (suffixe nominal)
问 wèn  demander
但 dàn  mais, pourtant
点 diǎn  point, goutte, heure, petit plat, indiquer, choisir, commander, dénombrer, allumer, [petite quantité]
行 xíng / háng  marcher, (clé 144) / ligne, métier, [rangée]
频 pín  coup sur coup, fréquence
或 huò  ou bien, peut-être
从 cóng / cōng  s'enrôler, suivre, depuis, par, jamais
十 shí  dix, (clé 24)
五 wǔ  cinq
北 běi  nord
防 fáng  protéger, prévenir, défendre
河 hé  rivière, fleuve
便 biàn / pián  commode, simple, ainsi, excrément / bon marché
至 zhì  jusqu'à, à, en, très, (clé 133: rejoindre)
四 sì  quatre
西 xī  ouest, (clé 146: couvercle)
营 yíng  diriger, gérer, caserne, bataillon
田 tián  champ, (clé 102)
去 qù  aller
时 shí  époque, temps
里 lǐ  village, dans, dedans, li, (clé 166)
正 zhèng / zhēng  droit, honnête, positif, être en train de / premier mois lunaire
与 yǔ / yù  avec, à, et / participer à
裹 guǒ  envelopper, bander
头 tóu  tête, cheveux, bout, [gros bétail]
归 guī  retourner, rentrer, rendre, restituer, (patronyme)
来 lái  venir, arriver, laisser, aller, apporter, prochain
白 bái  blanc, en vain, (patronyme), (clé 106)
还 hái / huán  encore, aussi / rentrer, rendre
戍 shù  garder, défendre
边 biān  bord, limite, [suffixe de position]
亭 tíng  pavillon, kiosque
流血 liúxuè  saigner
成 chéng  devenir, en, accomplir, capable, [un dixième]
海水 hǎishuǐ  eau de mer
武 wǔ  militaire
皇 huáng  empereur
开 kāi  ouvrir, s'ouvrir, mettre en marche, commencer, conduire, partir, organiser, bouillir
意 yì  sens, signification, Italie
未 wèi  ne pas encore, 8e des 12 rameaux terrestres (chèvre)
已 yǐ  déjà
君 jūn  souverain, monsieur, tu
不 bù  ne pas (être), non
闻 wén  entendre, sentir
汉 hàn  chinois, homme, Han (dynastie: -206 à 220)
家 jiā  maison, ménage, foyer, famille, domestique [entreprise, bâtisse], école, spécialiste, expert
山东 Shāndōng  (province, 鲁)
二 èr  deux, (clé 7)
百 bǎi  cent
州 zhōu  région, département
千 qiān  mille
村 cūn  village
万 wàn  dix mille, beaucoup
落 luò / là / lào  descendre, tomber, être chargé de / laisser, oublier
生 shēng  engendrer, naître, pousser, cru, peu familier, étudiant, (clé 100)
荆 jīng  chardon, épine, ronce
杞 qǐ  (patronyme), saule
纵 zòng  du nord au sud, vertical, longitudinal
有 yǒu  avoir
健 jiàn  en bonne santé
妇 fù  femme
把 bǎ  [objets à manche], tenir, saisir, poignée, [particule du complément d'objet]
锄 chú  houe, biner, extirper
犁 lí  charrue
禾 hé  graminée, céréale, (clé 115)
陇 lǒng  Gansu
亩 mǔ  [1/15 d'hectare]
无 wú  sans, (clé 71)
东西 dōngxi  chose
况 kuàng  état, situation
复 fù  répondre, tourner, encore une fois
秦 qín  Qin (dynastie: -221 à -207), Shaanxi, (patronyme)
耐 nài  supporter, résister, à l'épreuve de
苦 kǔ  amer, douleur, peine, souffrir de
战 zhàn  guerre
被 bèi  couverture, par, [marque du passif]
驱 qū  pousser, conduire, chasser, expulser
异 yì  différent, particulier, étrange, autre
犬 quǎn  chien, (clé 94)
鸡 jī  coq, poule
长者 zhǎngzhě  personne âgée, aîné
虽 suī  bien que
役 yì  service, bataille, campagne
夫 fū  mari, maître
敢 gǎn  oser
申 shēn  affirmer, se justifier, 9e des 12 rameaux terrestres (singe)
恨 hèn  haïr, regretter
且 qiě  pour le moment, même, et
如今 rújīn  maintenant, de nos jours
年 nián  année
冬 dōng  hiver
休 xiū  se reposer
关 guān  fermer, passe
卒 zú  soldat, valet, laquais
县 xiàn  district
官 guān  mandarin, cadre
急 jí  impatient, urgent, pressé, inquiéter
索 suǒ  corde, chaîne, chercher, réclamer
租 zū  louer, loyer
租税 zūshuì  impôts
何 hé  quel, (patronyme)
出 chū  sortir, dépasser, donner, survenir
信 xìn  confiance, fidélité, lettre, croire
知 zhī  savoir
男 nán  masculin, garçon, homme
恶 ě / è / wù  avoir mal au cœur / crime, méfait, méchant / détester
反 fǎn  opposé, contraire, anti-, renverser, réactionnaire
是 shì  être, effectivement, soit, oui
女 nǚ  femme, (clé 38)
好 hǎo / hào  bien, bon / aimer, être enclin à
犹 yóu  comme, encore
得 dé / de / děi  obtenir / [possibilité, degré] / devoir
嫁 jià  prendre mari, se marier, marier (sa fille)
比邻 bǐlín  proche voisin
埋没 máimò  enterrer, négliger
随 suí  suivre, accompagner
草 cǎo  herbe, paille, peu lisible, négligent
青海 Qīnghǎi  (province, 青)
古 gǔ  ancien, Cuba
白骨 báigǔ  os (d'un mort)
人 rén  homme, (clé 9)
收 shōu  recevoir, récolter, terminer
新 xīn  nouveau, Xinjiang
鬼 guǐ  esprit, fantôme, (clé 194)
烦 fán  ennuyé, ennuyeux, s'énerver, en avoir assez, déranger
冤 yuān  injustice, malchance
旧 jiù  ancien, vieux, démodé
天 tiān  ciel, jour, temps, nature, Dieu
阴雨 yīnyǔ  pluvieux, pluies
湿 shī  humide

杜甫 . 兵车行
Du Fu . Le départ des soldats et des chars de guerre

车辚辚,马萧萧,行人弓箭各在腰,
爷娘妻子走相送,尘埃不见咸阳桥。
牵衣顿足拦道哭,哭声直上干云霄。
道旁过者问行人,行人但云点行频。
或从十五北防河,便至四十西营田。
去时里正与裹头,归来头白还戍边。
边亭流血成海水,武皇开边意未已。
君不闻,汉家山东二百州,千村万落生荆杞。
纵有健妇把锄犁,禾生陇亩无东西。
况复秦兵耐苦战,被驱不异犬与鸡。
长者虽有问,役夫敢申恨?
且如今年冬,未休关西卒。
县官急索租,租税从何出。
信知生男恶,反是生女好。
生女犹得嫁比邻,生男埋没随百草。
君不见,青海头,古来白骨无人收。
新鬼烦冤旧鬼哭,天阴雨湿声啾啾。


Lin lin, les chars crient; xiao xiao, les chevaux soufflent;
Les soldats marchent, ayant aux reins l’arc et les flèches.
Les pères, les mères, les femmes, les enfants leur font la conduite, courant confusément au milieu des rangs;
La poussière est si épaisse qu’ils arrivent jusqu’au pont de Xianyang sans l’avoir aperçu;
Ils s’attachent aux habits des hommes qui partent, comme pour les retenir, ils trépignent, ils pleurent;
Le bruit de leurs plaintes et de leurs gémissements s’élève véritablement jusqu’à la région des nuages.

Les passants, qui se rangent sur les côtés de la route, interrogent les hommes en marche;
Les hommes en marche n’ont qu’une réponse: Notre destinée est de marcher toujours.
Certains d’entre eux avaient quinze ans quand ils partirent pour la frontière du Nord;
Maintenant qu’ils en ont quarante, ils vont camper à la frontière de l’Ouest.
Comme ils partaient, le chef du village enveloppa de gaze noire leur tête à peine adolescente;
Ils sont revenus la tête blanchie, et ne sont revenus que pour repartir.
Insatiable dans ses pensées d’agrandissement,
L’empereur n’entend pas le cri de son peuple.
En vain des femmes courageuses ont saisi la bêche et conduisent la charrue;
Partout les ronces et les épines ont envahi le sol désolé,
Et la guerre sévit toujours, et le carnage est inépuisable,
Sans qu’il soit fait plus de cas de la vie des hommes que de celles des poules et des chiens.

Bien qu’il se trouve des vieillards entre ceux qui interrogent,
Les soldats osent exprimer ce qu’ils ressentent, d’un ton violemment irrité;
Ainsi donc, disent-ils, l’hiver n’apporte pas même un moment de trêve,
Et les collecteurs viendront encore pour réclamer ici l’impôt.
Mais cet impôt, de quoi donc pourrait-il sortir?
N’en sommes-nous pas venus à tenir pour une calamité la naissance d’un fils,
Et à nous réjouir au contraire quand c’est une fille qui naît parmi nous?

S’il vient une fille, on peut du moins trouver quelque voisin qui la prenne pour femme;
Si c’est un fils, il faut qu’il meure et qu’il aille rejoindre les cent plantes.
Prince, vous n’avez point vu les bords de la mer bleue,
Où les os des morts blanchissent, sans être jamais recueillis,
Où les esprits des hommes récemment tués importunent de leurs plaintes ceux dont les corps ont depuis longtemps péri.
Le ciel est sombre, la pluie est froide, sur cette lugubre plage, et des voix gémissantes s’y élèvent de tout côté.

(Traduction de Hervey-Saint-Denys)

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